Guajira : Excursion de 3 jours dans le désert, Colombie

Nichée entre la mer des Caraïbes et les montagnes Macuira, La Guajira est une splendide péninsule riche en faune et flore locales, habitée par les Wayúu, un peuple indigène qui prospère depuis des siècles dans cet environnement désertique impitoyable. Bien que cette partie de la Colombie soit extrêmement belle, c’est aussi l’une des régions les plus pauvres, attends toi à croiser des personnes vivant dans des conditions de pauvreté extrêmes.

La Guajira, territoire des Wayúu

Au cœur du désert de La Guajira, près des frontières colombienne et vénézuélienne, se trouve une communauté indigène connue sous le nom de peuple du soleil, du sable et du vent; la tribu Wayúu. Représentant environ 20% de la population amérindienne totale de Colombie et 48% de la population du département de La Guajira, les Wayúu occupent une superficie totale de 10 800 km2 dans une dizaine de réserves.

Arrivés à La Guajira en provenance de la forêt amazonienne et des Antilles en 150 après J.-C. pour échapper aux environnements hostiles et trouver un nouveau foyer, les Wayúu se sont battus contre les Espagnols, le gouvernement et, actuellement, contre Mère Nature, pour maintenir leurs traditions en vie.

Les Wayúu possèdent un certain nombre de traditions et de rituels anciens qu’ils maintiennent en vie, en vivant dans de petites communautés isolées, au nombre d’une dizaine dans le département de La Guajira en Colombie et au Venezuela. Ils vivent principalement dans des huttes appelées rancherías, faites de toits en chaume de cactus ou de feuilles de palmier, de murs en yotojoro (boue, foin ou canne séchée) et d’un mobilier de base comprenant des chinchorros pour dormir et un petit foyer pour cuisiner.

Chaque communauté possède un espace commun appelé luma ou enramada, qui est généralement un espace ouvert avec des piliers pour soutenir un toit plat en chaume. Ces espaces sont utilisés pour les rassemblements sociaux, les événements, les visiteurs et les réunions d’affaires. La tribu Wayúu est unique en ce sens que les femmes possèdent les maisons et dirigent les familles, tandis que les pères travaillent avec les animaux et la terre. Chaque communauté a un chef informel qui prend les décisions ; en général, ces chefs sont des individus bien connectés qui sont des descendants directs des chefs précédents. Souvent, ces personnes connaissent à la fois l’espagnol et la langue des Wayúu, le Wayuunaiki. Leur culture combine légendes, mythes, histoires, traditions et coutumes.

Aujourd’hui, la tribu est en quête de durabilité, la tribu Uribia s’efforce d’utiliser le tourisme pour améliorer ses conditions de vie, en permettant aux visiteurs de se rendre dans leur communauté et en leur offrant un aperçu de leurs traditions, de leurs cultures et de leurs festivals aux couleurs vives. L’arrivée de visiteurs dans les tribus offre également la possibilité aux individus de vendre des textiles et des céramiques, notamment les célèbres sacs, hamacs et couvertures Mochila des Wayúu, fabriqués par les femmes de la tribu qui sont des tisseuses expertes et habiles dans la création d’objets artisanaux.

La tribu autochtone des Wayúu se bat pour ses droits depuis des siècles. Aujourd’hui, leur mode de vie est menacé, sans qu’ils en soient responsables, car mère nature détruit leur habitat.

Comment s’y rendre

En mode explorateur

Il est possible de visiter la Guajira soi-même mais cela implique beaucoup de transports différents, pouvoir communiquer en espagnol facilement, et une bonne organisation. Je n’ai donc malheureusement pas de conseils pour cela, mais je suis tombée sur un guide qui de mon point de vue est le plus complet.

Avec une agence

Il est toujours préférable de voyager en toute sécurité c’est pourquoi je recommande de passer par une agence de tourisme légale, et qu’elle respecte également les réglementations en matière de biosécurité ; mais aussi que tu n’es pas à faire le circuit dans des véhicules qui ne remplissent peut-être pas les conditions nécessaires pour éviter des accidents ou des situations qui pourraient te mettre en danger.

J’ai réservé avec la même agence avec laquelle j’ai réalisé la randonnée de 4 jours jusqu’à la Ciudad Perdida, soit Magic Tour.

Pour 3 jours, en date de début 2022, le coût est de $820.00 COP, soit 255$ CAD et tu reçoit :

  • Pick up à ton hôtel, même de Santa Marta (autour de 4am)
  • Le transport en 4×4 tout le long du séjour
  • 3 petits-déjeuners, 3 déjeuners et 2 dîners et eau potable
  • Hébergements en Chinchorros
  • Guide expérimenté mais seulement en espagnol
  • Assurance voyage
  • Retour à ton hôtel

Quelle est la meilleure période pour y aller?

En temps normal, la Guajira connaît deux saisons : la saison sèche (décembre-avril) et la saison des pluies (septembre-décembre). Cependant, avec le phénomène du changement climatique, cette alternance de climats s’estompe de plus en plus et les pluies se font rares. Dans ce coin du monde, l’eau est devenue une ressource des plus précieuses.

Que faut-il emporter?

  • Vêtements : shorts, t-shirts légers, maillots de bain, pantalons longs et quelque chose de plus épais pour les soirées parfois plus fraîches, chapeau /casquette, des lunettes de soleil, des sandales ou des tongs.
  • Crème solaire, savon, shampoing, dentifrice, etc… – rien de tout cela n’est disponible une fois arrivé.
  • Extras : une torche ou une lampe frontale, appareil photo (tu pourras charger tes appareils électrique le soir aux auberges),
  • Une grande bouteille d’eau
  • Papier toilette, sinon tu devras en acheter à chaque arrêt de toilettes.
  • Bonne nouvelle, il n’y a pas de moustiques dans le désert de la Guajira, tu peux ranger ton spray 😉

Informations importantes

  • À Uribia se trouve le dernier guichet automatique. Retire donc ce dont tu as besoin pour le reste du voyage.
  • Garde à l’esprit qu’il s’agit d’une destination écologique avec quelques adaptations dans l’hébergement, les salles de bains et l’aire de repos pour garantir une expérience agréable.
  • N’oublie pas que le commerce à une grande importance pour maintenir cette tribu en vie et qu’en raison des conditions difficiles, beaucoup d’entre eux vivent dans une extrême pauvreté. Tu n’auras probablement pas besoin d’acheter un gatorade sur la route, mais le faire fait une grosse différence pour eux. So don’t be cheap!

🌟 UPDATE 2026 – La nouvelle destination phare. Depuis 2024, le gouvernement a investi massivement dans La Guajira dans le cadre de la campagne « Colombie, pays de la beauté ». L’objectif est d’attirer des millions de visiteurs d’ici fin 2026. Résultat : Riohacha s’est modernisée, mais le désert reste (heureusement) une aventure. Mon conseil : Privilégiez les départs en milieu de semaine, car les week-ends prolongés sont désormais pris d’assaut par le tourisme local.

Jour 1 : Santa Marta • Riohacha • Uribía • Cabo de la Vela

Départ à 4h30 depuis Santa Marta en véhicule touristique pour 3 heures en passant par Palomino et Riohacha, ou nous avons droit à un petit-déjeuner.

À la fin de notre petit-déjeuner, notre guide Jesus et la team de 2 belges, 2 hollandais et moi-même sommes prêt à partir à l’aventure !!

Uribia

Uribia, capitale de la péninsule de Guajira et des Wayúu, est la dernière « grande » ville avant le désert, elle apparaît plus comme un arrêt logistique obligatoire que comme une étape importante de la visite.

Si tu pars en excursions avec une agence, le guide t’expliquera que sur la route tu rencontreras de nombreux enfants Wayúu qui créent des barrages artificiels faits de cordes, de vêtements colorés ou parfois de morceaux de pneus, pour que tu puisses t’arrêter et leur donner de l’eau et des snacks.

Je ne sais pas à quelle fréquence ils reçoivent quelque chose, mais leurs visages rayonnaient chaque fois qu’ils recevaient un sachet d’eau ou des friandises. C’est sûrement un geste anodin pour toi, mais pour eux cela fait partie de leur survie ou la malnutrition est très présente et tue encore beaucoup d’enfants.

Cette partie de la Colombie est également très négligée par les autorités. Je n’ai jamais vu autant de déchets et sac plastiques en bord de route…

🚧 UPDATE 2026 – Les barrages et péages. Les fameuses cordes tendues par les enfants sur la route sont toujours là. Cependant, en 2026, la sensibilisation a progressé. Nouvelle règle d’or : Plutôt que de donner des bonbons (qui causent des problèmes dentaires là où il n’y a pas de dentiste) ou du plastique, les guides recommandent désormais d’apporter de l’eau potable en sachet ou des fruits. Certaines agences incluent maintenant un « kit de péage éthique » dans leur prix.

Cabo de la Vela

Arriver à Cabo de la Vela, c’est s’immerger dans la culture Wayúu, une culture unique, avec des coutumes, des rituels et des couleurs pleines de vie et de magie. C’est aussi une aventure qu’aucun voyageur parcourant la côte caraïbe ne peut se permettre de manquer.

Autre qu’être un petit village reculé de pêcheurs, c’est aussi un petit paradis pour les adeptes du kite-surfing grâce au vent permanent qui fait gonflé leur voiles haut dans le ciel !

C’est à l’auberge Analauli que nous faisons une pause pour le déjeuner, où on nous a servi une assiette très généreuse de plats typiques de la Guajira, avec de la chèvre, du riz (qui ne manque jamais à une table colombienne), et des patacones.

  • Quelques points de vue sur la route

Playa Arcoíris

Playa Arcoíris (plage de l’arc-en-ciel), n’est généralement qu’un arrêt rapide pour jeter un coup d’œil et prendre quelques photos. Ce n’est pas une plage où l’on peut se baigner, mais apparemment, il est fréquent que de petits arcs-en-ciel se forment lorsque les vagues frappent le récif d’une certaine façon (d’où le nom). Malheureusement je n’en ai pas vu lors de mon passage!

Pilon de Azucar

Il s’agit d’une colline en bord de mer qui offre une vue à 360 degrés sur la mer et l’ensemble du désert. Ce lieu est sacré pour les Wayuu. Il peut être gravi en 15 minutes et la sensation du vent qui augmente à chaque fois que l’on s’élève offre un indescriptible sentiment de liberté.

Située juste à côté du pilon de Azucar, la plage Dorada est l’une des plages les plus visitées et photographiées de Cabo de la Vela. C’est une plage magnifique, où tu peux y faire un plongeon rafraîchissant dans ses eaux cristallines.

El faro

Ce qui rend cet endroit incontournable, c’est la position où il se trouve : un point de vue face à la mer où tu pourras admirer l’un des plus beaux couchers de soleil de toute la Colombie. Et ce n’est pas tout, cet endroit donne la sensation d’être devant le bout du monde, le point où la terre se termine et la mer vaste et infinie commence. Spectaculaire !

Nous retournons à l’auberge Analauli, où nous nous sommes arrêté le midi pour manger, pour cette fois, y dormir ! Première nuit dans nos chinchorros.

Jour 2 : Cabo De La Vela • Dunas De Taroa • Punta Gallinas

Dunes de Taroa

Las Dunas del Taroa sont des dunes très impressionnantes qui surplombe la mer des Caraibes. Elle sont aussi presque impressionnante que celles de la Dune du Pilat du bassin d’Arcachon, proche de Bordeaux (ma ville de naissance 😬). Tu as même l’opportunité de surfer les dunes de sables chaudes et montrer ton plus beau plongeon!

La plage est juste magnifique et longue de plusieurs kilomètres.

Punta Gallinas

Dernier arrêt de la journée, Punta Gallinas. Le point de vue de Punta Gallinas est étonnant : il surplombe une falaise et un petit port, utilisé par la communauté locale. Tu y verras le phare de Punta Gallinas, le point le plus au nord de la Colombie continentale et de l’Amérique du Sud.

Auberge Luzmila

Après le coucher de soleil à Punta Gallinas, nous nous dirigeons vers l’auberge Luzmila où nous y passerons la nuit, à nouveau dans un chinchirro!

Si tu es capable de veiller tard, je te recommande de passer un petit moment à l’observation des étoiles, tu ne les verras pas de même ailleurs !! Et surtout ne manque pas le lever du soleil qui est tout aussi beau.

Jour 3 : Punta Gallinas • Manaure • Santa Marta

Mirador de Casares

Depuis le Mirador de Casares, tu as une vue spectaculaire sur la vallée de Punta Gallinas. Tu peux apprécier pleinement la beauté et l’étendue de la terre.

Ce mirador est appelé Casares parce que la communauté Wayúu a l’habitude de célébrer des mariages à cet endroit. Ils ont également l’habitude de réconcilier les conflits qui existent entre les membres de la communauté.

Salina de Manaure

Sur le chemin de retour, proche d’Uribia, se trouve les mines de sel de Manaure. Elles sont connues pour être les plus grandes mines de sel de la Colombie. Tu peux y voir de grands tas de sel et des piscines claires entre les deux. Environ 70 000 gallons d’eau de mer sont pompés par minute dans le réservoir de saumure, où le degré de salinité s’intensifie. Elle est ensuite acheminée vers des bassins, où le sel s’évapore et se cristallise naturellement.

Aujourd’hui, Manuare Salt Flats est le premier producteur de sel colombien.

Mon impression

Parcourir une partie de la Guajira a été une expérience hors du commun. Un endroit avec une variété impressionnante de paysages, un espace de réflexion où tu peux te déconnecter, mais surtout une communauté qui t’ouvre ses bras, et qui te rappelle que tout le monde n’a pas les mêmes opportunités dans la vie et que nous faisons partie des « chanceux » !

Je trouve que des expériences de ce genre constituent des échanges culturels très précieux et qui contribuent à l’équilibre et à l’identité d’un pays aussi vaste et varié que la Colombie. Un pays qui, malheureusement, lutte encore contre une image négative et cherche à montrer au monde et à ses propres citoyens tout ce qu’il a à offrir.

Es-tu toi aussi intéressé à vivre une expérience comme celle-ci ?? N’hésite pas à poser tes questions en commentaires 😉

UPDATE 2026 – Ne manquez pas la Macuira ! Si en 2022 mon tour s’arrêtait à Punta Gallinas, sachez qu’en 2026, le must est d’étendre votre périple à 4 ou 5 jours pour inclure le Parc National de la Macuira. C’est un véritable miracle écologique : une forêt tropicale humide nichée au sommet de montagnes désertiques. On y découvre des cascades et une culture Wayuu restée très pure. Conseil : Passez par une agence responsable (comme celle de Paola à Riohacha) qui travaille main dans la main avec les gardes forestiers autochtones. C’est le plus bel exemple de tourisme durable de la région !

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